Du haut de mes 18 ans , j'y ai vu l'été et le printemps , l'automne et puis l'hiver , la brume sur l'océan , un orage en colère , un vol de cormorans , des millions éphémères de gouttes d'eau , du vent... Vois-tu , je n'y ai rien vu de mieux... J'ai frôlé de mes doigts , les peaux les plus sensuelles , j'ai tenté au hasard pour l'amour éternel , traînant dans les quartiers où vivent les étoiles qui m'ont appris , déçues , qu'être superficielle dans un décor de miel , le savoir dans la soie , le luxe et l'importance , derrière ce chacun pour soi , se cache encore la souffrance... Je les ai salués et là , encore j'ai fui. Je me suis réfugié , enfermé pour de bon des pensées , des idées , la culture à foison ! J'en ai veillé des nuits à passer en revue les couleurs de ma vie... Je me suis aperçue , au terme du bilan , si c'était réussi , que je parle plusieurs langues ! J'ai sur le bout des doigts la culture et les lois et cette main qui tangue , à coucher au papier tous ces mots inutiles où je parle de moi , pour me parler de toi... Où je parle de moi , pour mieux parler de toi. Je pense à toi tout le temps. Je pense à toi le matin dès l'aube , en marchant dans le froid , les yeux fixés sur mes pensées. Souvent , je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps. Et j'ignorais que ton prénom prendrait tant de place dans ma vie...



